Pane e burro

Le PAIN et le BEURRE ! et peut-être aussi la crème fraîche…

Le Saint-Graal de tout Français installé à Turin. Les premières choses qu’il cherche désespérément – avec les documents nécessaires « y en a toujours un qui manque » pour établir sa résidence en Italie.

C’est normal, c’est dans les gènes. On a été élevés au pain et beurre trempés dans le café au lait le matin – oui ok c’est donc génétique et culturel. La quête existentielle du pain et beurre par le Français installé en Italie équivaut à celle du « un caffè al bar » de l’Italien installé en France, pour donner une échelle de valeur à nos amis italiens (ah però!).

Les premiers temps de la vie en Italie, on s’arrête en vain dans toutes les boulangeries qu’on trouve sur son passage en chasse de la sacro-sainte baguette. On finit, nostalgiques, par se rabattre sur les baguettes de supermarchés, tristes ersatz des mythiques flûtes, ou sur celles congelées d’une célèbre chaîne de magasins de surgelés. Bien-sûr on fait aussi des efforts d’adaptation, on goûte les ciabatte, on apprécie les grissini (mais le beurre sur le grissino…).

Soupir.

En parallèle, on goûte toutes les plaques de beurre des rayons crèmerie des supermarchés. On se renseigne auprès d’autres expatriés ou même de natifs du coin : « Vedrai, questo non è male », nous dit-on en toute bonne foi. A chaque fois que l’on ouvre une nouvelle confection, l’espoir renaît, pensant avoir trouvé le beurre tel qu’on le connaît. « Celle-ci sera la bonne » , « il n’a pas l’air mal celui-là ». Et puis le soufflé retombe ; c’est la désillusion, la tristesse infinie (oui je suis toujours toute en demi-mesure pour tout ce qui concerne la nourriture) : « Bon ben on l’utilisera pour la cuisine ».

Pour la tartine, on n’y est pas, ce n’est pas le beurre de la tartine du café au lait.

On repart en vadrouille, car on a ouï dire que ce supermarché-ci a reçu un arrivage de beurre demi-sel Paysan Breton ou que celui-là, à des kilomètres du centre-ville, a, de temps en temps, du Reflet de France. On file alors en voiture, on fend la bise, on roule à tombeau ouvert sur la tangenziale et, si on trouve bonheur, on vide l’étagère dudit supermarché. Certains vont, une fois par mois, faire le plein de cette denrée précieuse de l’autre côté de la frontière, tels des contrebandiers d’avant 1993. J’en connais qui le ramène du Pays basque et, en solution extrême, le congèle (mais à la l’origine c’était du beurre de baratte 0 km, heeiiiin).

Mais n’y a-t-il pas des solutions plus pratiques sur Turin à nos problèmes existentiels ?

Peut-être, oui, quelques adresses peuvent-elles nous permettre de survivre en ce milieu hostile.

Le PAIN

On trouve de bonnes boulangeries à Turin, avec du bon pain. Et la baguette ? Peut-être.

  • Au marché piazza Borromini (encore lui).

Vous y trouverez un stand-camion tenu par un couple, dont j’apprécie notamment les gros pains (en général sur la gauche dans le présentoir), vraiment pas mal, croûte croustillante et mie assez alvéolée – pas loin de Marco des fruits et agrumes (cf art. Mercato e Parrucchiere).

  • Il Girasole – corso Belgio 164.

Une boulangerie qui ne paie pas de mine à la voir comme cela, mais qui propose des petits pains aux céréales, qui passent bien avec mon pâté au foie gras du Pays Basque.

  • Il Chicco di Grano– corso Moncalieri 254.

https://www.facebook.com/ilchiccodigrano2007/

Non, vous ne rêvez pas, je vous vois déjà tout excités comme si c’était Noël, c’est bien, tataaaan ! une baguette que vous apercevez. Il existe des baguettes à Turin ! et celles de cette boulangerie ont vraiment bon goût, la mie n’est pas très alvéolée mais elles sont très très correctes (n’oubliez pas que vous êtes en mode survie sans ma baguette à la base). Délicieux surtout également leurs grissotti (des gressins courts, un peu épais) aux céréales, noix…et très bons leurs pains aux céréales.

  • Ciro Petrucci – piazza Hermada 14.

https://www.instagram.com/ciropetrucci1972/

Une jolie boulangerie toute moderne. Ma boulangerie. La ruine de ma ligne ! la fin de la prova costume !

Les petits pains aux céréales, les petits pains complets et surtout les fruste, qui ressemblent à des baguettes un peu courtes, avec une croûte croustillante et une mie alvéolée, et qui n’arrivent jamais entières à la maison ! des rubatà (comme de gros gressins qui peuvent être aussi aux olives ou au sésame) ; et aussi des croissants au beuuurre (pas sucrés, des croissaaants !), des pâtisseries qui m’appellent à chaque fois (notamment une espèce de barre chocolatée sur biscuit…), de la brioche…

Arrêtez, n’en jetez plus !

  • Panificio Gilda – via Santa Giulia 39 bis (angle via Michele Buniva).

https://www.panificiogilda.it/

Quartier Vanchiglia, belle boutique également.

Et ?…re-tataaaan ! mais c’est Byzance! encore The baguette ! encore une Mythique ! Une mie alvéolée, une bonne croûte. (Ne pas s’y rendre trop tard dans la matinée afin de trouver encore le Graal, sinon la réserver pour le lendemain). De délicieux croissants aussi.

On commence à avoir l’embarras du choix, on ne sait plus où regarder, donc maintenant c’est chacun ses goûts.

Le beurre

La chasse au beurre est peut-être plus problématique.

  • Cascina Menzio – marché piazza Borromini (toujours lui).

https://www.instagram.com/alpeggio_menzio/

Le stand de fromages fait aussi un beurre, burro di cascina, que j’ai trouvé pas mal du tout.

Mais vais-je vous laisser sur du « pas mal » ?

  • Amaury fromager – via Giambattista Bogino 19/d.

https://www.amauryfromager.it/

https://www.instagram.com/amaury.fromager/

L’Eldorado ! nous y sommes, l’Eldorado ! Amaury est venu nous sauver !

Vous trouverez chez lui uniquement des produits français : camemberts, bries de Meaux, roqueforts, époisses, chèvres, comtés etc etc…

Mais surtout, surtout, du BEURRE DE BARATTE ! doux ou salé. Du beurre jaune ! Et rocher au chocolat sur le gâteau (oui je préfère que la cerise – tout en demi-mesure, je vous ai dit) : de la crème fraîche, avec goût de crème fraîche ! Là c’est vraiment Noël pour les Marie-Amélie turinoises (pour savoir qui est Marie-Amélie, voir le post sur le café).

Et pour peu que vous vous y rendiez, comme moi, en ces temps de confinement automnal, vers 17 heures, à la tombée de la nuit, vous dépêchant vers cet or providentiel et nécessaire et repartant tout aussi vite dans le froid et la nuit, la ville déserte, vous ressentirez les frissons d’un Américain qui aurait acheté une bouteille d’alcool pendant la prohibition. Si ce n’est pas de la trépidation dans sa vie, çà ?

Vous voilà donc pourvus.

Eh bien moi, je vais aller faire deux/trois joggings maintenant ; j’ai, il faut l’avouer, beaucoup donné de ma personne pour écrire ce post – et zut le clavier de l’ordi est plein de miettes…

5 commentaires sur “Pane e burro

  1. Excellent ! Le pain beurre, rien de meilleur!
    Je ne connais pas toutes les boulangeries turinoises de ton carnet d’adresses mais j’étais fan de « Chicco di grano » corso Moncalieri.

    Aimé par 1 personne

  2. Effectivement, il est difficile de trouver une bonne baguette en dehors des frontières françaises… Une autre adresse en proposant une plutôt pas mal: Il Pane au Mercato Centrale a Porta Palazzo. Je trouve la leur un peu plus alvéolée que mes autres expériences turinoises.

    Aimé par 1 personne

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