Mercato e parrucchiere

Si votre ambition suprême est de devenir une véritable Madamina turinoise, vous ne pourrez pas passer outre le grand rituel du samedi matin : le marche et le coiffeur !

Deux sujets très différents mais aller au marché et aller chez le coiffeur le samedi matin est tout aussi obligatoire pour commencer le week-end que prendre son café au bar pour commencer sa journée – le confinement a été dramatique de ce point de vue là aussi, particulièrement niveau coiffure, on ne pouvait pas commencer le week-end. Lifestyle torinese oblige.

Le MARCHE

Le mangiare bene est fondamental en Italie.

Les sujets de conversation de prédilection le lundi matin, entre collègues, autour du café, sont les résultats des matchs de foot du week-end et la nourriture. La première chose que dit toute mamma ou toute nonna à ses enfants ou petits-enfants quand elle les voit, n’est pas « Buongiorno » , mais « Hai mangiato? Che hai mangiato? » (« tu as mangé ? qu’est-ce que tu as mangé ? »), le reste de la vie de sa progéniture n’ayant aucune importance – et gare à ceux qui n’ont pas mangé !

D’où l’importance de s’approvisionner en denrées fraîches et donc du marché le samedi matin. Il existe ainsi une quarantaine de marchés à ciel ouvert à Turin, un dans chaque quartier, en place du lundi au samedi.

Y acheter ses fruits, légumes et autres oeufs s’avère très intéressant au niveau qualité/prix, outre le rapport humain qui s’établit avec les commerçants. Il est en effet opportun d’y instaurer ses habitudes et de se fournir auprès de mêmes vendeurs régulièrement ; le même syndrome que pour le café se développera : vous aurez droit au début à un « Buongiorno Signora ou Signore, mi dica » (Bonjour, Madame ou Monsieur, dîtes-moi), pour finir au bout de quelques temps à « Ciao Bella ou Bello, che cosa ti do oggì? » (Salut ma belle ou mon beau, qu’est-ce je te donne aujourd’hui?).

Par ailleurs, vous n’allez pas vous priver d’une occasion de faire une queue aléatoire, ni de vous adresser à l’autochtone turinois à qui vous devrez demander « Chi é l’ultimo? » (Qui est le dernier?), pour déceler quand viendra votre tour.

Faîtes donc votre choix, Messieurs, Dames !

  • L’international : Porta Palazzo (dite aussi Pòrta Pila)

Adresse qui n’existe pas, vous devrez chercher sur la carte de la ville Piazza della Repubblica.

Le plus grand marché à ciel ouvert d’Europe – il s’y trouve un millier de stands, puis des parties couvertes et un marché de petits producteurs. Un melting-pot où l’on entend parler toutes les langues et dialectes de la planète et où l’on trouve tout produit.

C’est là qu’en 2004, à une époque où la cuisine italienne n’avait pas trop fusionné, ne trouvant pas de feuilles de brick en supermarché, j’allai m’enquérir auprès d’un commerçant de cette place pour savoir où en trouver. Je fus alors hâtivement entraînée dans les antres de ce marché vers une minuscule boutique, qui s’avéra gargantuesque – comme toutes les minuscules boutiques de Turin – telle une candidate de Pékin Express à la recherche d’un rarissime totem. Et feuilles de brick je trouvai – oui c’est vrai qu’on ne les trouve toujours pas actuellement en supermarché ici, il faut encore jouer les aventuriers du bout du monde.

L’introuvable existe à Porta Palazzo.

  • Le fashion : PIAZZA BENEFICA

Cette adresse non plus n’existe pas sur la carte, il s’agit du Giardino Luigi Martini. Ce marché est certes alimentaire mais est surtout réputé pour l’habillement et ses stands de vêtements et d’accessoires de marques (non tombés du camion), à de bons prix (stocks, échantillons…).

  • Le précieux : Crocetta

Que vous trouverez étonnamment …à la Crocetta, Largo Cassini.

Marché alimentaire, mais également d’habillement et accessoires de mode très intéressants.

  • Les grands :

La ville compte d’autres marchés également notables pour leur grandeur et très compétitifs au niveau prix : le marché de SANTA RITA, celui de PIAZZA Béngasi (200 stands), celui de CORSO RACCONIGI (300 stands).

  • Ceux que je n’ai pas encore explorés :

Le méridional : piazza Foroni, au coeur de Barriera di Milano, particulièrement dédié aux produits du Sud de l’Italie, Pouilles et Calabre (taralli, fromages, olives, charcuterie…).

IL CAMPO IN PIAZZA, via Monferrato, un marché de producteurs locaux qui se tient les 1er et 3ème jeudis du mois, soufflé dans l’oreillette par ma copine Adeline.

  • Le mien : PIAZZA BORROMINI

Celui où j’ai mes habitudes.

Je m’y fournis notamment en fromages auprès du stand Cascina Menzio – ses chèvres, tomes et bleus fondent comme neige au soleil à peine je les pose sur la table ; je ne comprends pas.

En agrumes et fruits auprès de Marco (« Aspetta, mi sistemo i capelli ! » au moment de faire la photo – attends, je m’arrange les cheveux ).

En légumes, auprès d’un vieux monsieur qui descends de ses collines, que je ne comprends pas toujours car parlant à moitié piémontais. Il a aussi parfois des oeufs délicieux dont on voit qu’ils sortent vraiment du c..l de la poule, il y a des signes qui ne trompent pas…je parlais de la couleur des jaunes !

Et le COIFFEUR ? me direz-vous .

Oubliez le fait d’aller chez le coiffeur une fois tous les 2/3 mois pour couper les pointes. Certes ici on rafraîchit sa coupe régulièrement, mais surtout, le coiffeur pour toute Madamina digne de ce nom, c’est chaque vendredi ou samedi pour la fameuse piega, le brushing, pour être impeccablement coiffée pour le week-end ! Il s’agit donc de savamment combiner marché et coiffeur dans la matinée et souvent l’un voisine l’autre (pas folles les guêpes).

Mais, objecterez-vous, trouver un bon coiffeur, c’est comme trouver son portable qui est en train de sonner au fond de son sac à main = utopique (certaines creusent encore) !

Et effectivement je ne pourrai PAS vous établir une liste de bons coiffeurs à Turin, car personnellement j’ai trouvé ma déesse capillaire vivante il y a environ 17 ans (sur conseil de ma copine Elisa, pure turinoise trouvant ses racines dans les Pouilles) en la personne de MARIANGELA SANTORO et je n’ai pas testé d’autres coiffeurs à Turin depuis !

La seule qui a su couper et discipliner mes cheveux difficiles – du genre, selon les coiffeuses de mon enfance s’adressant à ma mère, « Ooh elle a le cheveu souple, hein?! », ce qui, en sous-titres, signifiait « c’est n’importe quoi ces cheveux ».

Même quand je vivais en France, j’attendais de venir à Turin pour me faire tailler les cheveux par Mariangela. Je lui ai fait une seule fois une infidélité, c’était en 2014, me faisant couper les cheveux par une autre coiffeuse en France. Je l’ai amèrement regretté à l’instant même où j’ai senti ces ciseaux inconnus sur ma nuque (vous savez cet instant où vous vous dîtes « là t’as fait une connerie »). De retour à Turin, j’ai couru piteusement chez Mariangela qui, m’ayant à peine auscultée, m’a déclaré par l’intermédaire du miroir et pointant son doigt « Hai un buco qua » (« tu as un trou ici ») – oui exactement sur la nuque ! je n’ai plus recommencé.

Donc je n’ai qu’une seule adresse à vous communiquer…Enfin j’hésite à vous la donner, faudrait pas que vous me la monopolisiez quand même…mais je suis bien bonne…ou je table sur le fait que son salon se trouve au bout du bout de la ville.

Studiò parrucchieri di Mariangela SANTORO – corso Brunelleschi 4/C.

…en face du marché corso Brunelleschi, la boucle est bouclée.

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